Le fonds de compensation


Volonté et courage politique pour un réel changement

Par Marc Keup (Action Solidarité Tiers Monde)

 

Créé en 2004, le Fonds de compensation commun au régime général de pension (FDC) constitue une réserve pour le versement des retraites des salariés du secteur privé travaillant au Luxembourg. Le FDC est alimenté par une partie des cotisations et constitue aujourd’hui de loin le premier fonds d’investissement sous mandat public avec plus de 13,5 milliards d’euros d’actifs sous gestion. L’argent à disposition du FDC est investi dans des actifs financiers, surtout dans des actions et obligations de grandes entreprises internationales.

Ainsi, le Grand-Duché du Luxembourg, par l‘intermédiaire du FDC, court constamment le risque de financer les activités d’entreprises qui sont responsables de violations des droits humains, de dégradations environnementales ou d’exploitation des travailleurs et ainsi d’aggraver les conditions de vie dans les pays en développement.

Afin de limiter ce risque, le FDC fait appel depuis 2011 à la société suédoise GES, laquelle identifie les sociétés qui ne respectent pas les conventions et normes internationales signées par le Luxembourg. Cependant, les critères de GES manquent de transparence et leur examen paraît peu rigoureux. Car, force est de constater que le FDC continue à détenir des actifs d’entreprises hautement contestées.

Aussi, la politique qui consiste à exclure uniquement les entreprises qui violent des conven- tions internationales, ne met pas le Luxembourg à l’abri d’incohérences. Par exemple, alors que le gouvernement rejette la culture des Organismes génétiquement modifiés, le FDC continue à investir dans des sociétés qui les commercialisent, comme Monsanto, Syngenta, BASF ou Bayer. Puisque le Luxembourg n’a jamais signé une convention internationale à ce sujet, ils ne peuvent pas se retrouver sur la liste d’exclusion.

En pratique, il est tout à fait envisageable de lever ces incohérences en avisant le FDC de mener une politique d’investissement beaucoup plus stricte. Cependant, le gouvernement devrait en contrepartie accepter un rendement moindre de son fonds de pension. Dans un sondage commandité en 2011 auprès de TNS-ILRES, 55% de la population serait favorable à une telle démarche. Ce qui manque jusqu’à ce jour, c’est la volonté et le courage politique d’opter pour un réel changement.

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